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Il y a mieux que les pesticides en agriculture !

Aux cueillettes Chapeau de paille, nous sommes vigilants à mettre en œuvre tout ce qui permet de préserver l’équilibre naturel entre nos cultures et leur environnement. Nous mettons en place de nombreuses mesures pour nous assurer de cet équilibre et si nécessaire nous intervenons avec des solutions alternatives pour le retrouver : cela s’appelle de la PBI (production biologique intégrée).

Au verger de la cueillette, la première étape est de planter des variétés rustiques (peu sensibles aux maladies : tavelure, rouille et oïdium) et gourmandes, dans une terre saine et aérée, puis chaque année d’évaluer les risques auxquels les arbres sont exposés en relevant la météo, en observant les feuilles à la loupe, en positionnant des pièges à carpocapse (papillon du ver de la pomme) et à tordeuses (chenilles), …

Pour éviter le ver de la pomme (et de la poire, photo 1 ci-après) ou d’autres papillons de tordeuses, nous avons deux stratégies :

  • On surveille des pièges à papillons mâles et nous anticipons l’éclosion de la petite chenille. Ainsi, nous empêchons son intrusion dans le fruit.
  • On dispose des filaments enduits d’hormone de papillon femelle dans le verger (photo 2) qui empêche les mâles de rencontrer la vraie femelle pour s’accoupler et se reproduire, …

Pour les acariens phytophages, cela fait maintenant plus de 20 ans que nous avons réintroduit un cousin prédateur autochtone (typhlodromus pyri) qui contrôle la situation.

Pour les pucerons, nous observons la présence d’auxiliaires, les coccinelles (photo 2), les chrysopes, les syrphes (photo 1) les aphelinus (guêpe parasite) ou les cécidomyies (photo 3), … Et nous contrôlons les migrations saisonnières des pucerons ce qui nous permet souvent de ne pas intervenir.

Pour l’oïdium du pommier (le blanc du pommier) et des autres fruitiers, il ne faut pas tailler l’arbre trop fort l’hiver mais supprimer par la taille estivale les pousses malades. Pour les chancres, les supprimer au maximum au fur et à mesure de leur apparition, … Et préventivement il faut bien nourrir les arbres en oligoéléments : bore, magnésie et zinc en particulier.

La tavelure du pommier est stratégique : c’est une maladie associée mouillage du feuillage et du fruit au printemps uniquement, … Plus les feuilles sont mouillées longtemps et par temps doux plus le risque est fort et une intervention raisonnée obligatoire entre mars et mai seulement. . On limite le volume de spores hivernantes du champignon tavelure en broyant les feuilles sur le sol afin qu’elles soient digérées plus vite par ses spécialistes (vers de terre, insectes nécrophages, …).

Il y aurait de nombreuses autres actions techniques à vous raconter : Comment on prévient les attaques de psylles du poirier avec de l’argile, comment on empêche les coups de soleil des fruits avec des applications de craie broyée, comment on essaye de piéger les mouches de la cerise, pourquoi on essaye de ne garder qu’une pomme par bouquet floral, comment on contient le développement des framboisiers par le broyage, …

Au potager de la cueillette, la plus grosse différence avec le verger, à part les fraises et la rhubarbe, c’est que toutes les plantes y sont annuelles : semées ou repiquées au printemps et récoltées à l’automne au plus tard. La première mesure mise en place par nos maraîchers c’est la rotation des cultures : ne pas remettre au même endroit le même légume d’une année sur l’autre sous peine de le voir détruit sous l’action des maladies et ravageurs qui ont hivernés sur place, on appelle cela la fatigue du sol. Ensuite, il faut choisir les bonnes variétés (rustiques, diversifiées, gouteuses, conservables, productives, …), amender et préparer le sol, mettre en place les moyens d’une irrigation raisonnée pour gommer les périodes de manque, et :

  • Pour les plantes annuelles repiquées mettre en place un film biodégradable en amidon de pomme de terre ou de maïs (qui est digéré par le sol en quelques semaines) qui permet aux plantations de ne pas être concurrencées par des plantes voisines envahissantes (photo 1),
  • Pour les semis, pratiquer des binages totaux de surface (faux semis) qui vont faire démarrer les plantes envahissantes et les détruire par le renouvellement de ce travail avant de semer nos carottes par exemple, puis continuer de biner après les semis avec d’autres outils adaptés à la culture (herses, doigts, … photo 2)

  • Suite à la plantation des pommes de terre et des poireaux repousser la terre en butte ce qui désherbe naturellement autour,
  • Mettre en place dans les serres des plaques de couleurs engluées (photo 3) pour attraper les mouches des légumes ou les thrips suivant la couleur bleue ou jaune du panneau ; en extérieur, pour d’autres mouches comme la drosophile suzukii, nous plaçons des bols piégeurs avec un mélange liquide vinaigrée,
  • Introduire si nécessaire sous abris des insectes prédateurs (photo 1) et mettre en place des plantes hôtes des auxiliaires (œillets d’Inde sur la photo 2) pour contrôler les populations d’acariens, de pucerons, de thrips, de chenilles de tuta absoluta, …

  • Cultiver sous serre les plantes les plus sensibles aux maladies de mouillage ou demandant des températures plus clémentes,
  • Mettre des filets sur les cultures, qui empêchent les insectes, les oiseaux, les rongeurs d’attaquer les semis et plantation
  • Semer ou repiquer toutes les semaines de février à août pour étaler les récoltes en saison, …

La question du rééquilibrage entre nos récoltes espérées et le développement concurrentiel rapide de maladies ou de ravageurs nécessite parfois une intervention avec des pesticides Bio ou pas. C’est un choix lourd aussi bien en agriculture raisonnée qu’en agriculture biologique, … Cette question cela fait plus de 4000 ans que les paysans se la posent.

En Mésopotamie (Irak), plus de 2000 ans avant notre ère les nabatéens utilisaient déjà du soufre en poudre contre les maladies des cultures. Ainsi, de l’antiquité, jusqu’à la fin du XIXème siècle, ce sont seules les solutions extraites de la nature par les acides, le broyage et la décoction qui ont servi de base à la protection des cultures contre les insectes nuisibles aux cultures : La roténone (extraite d’une plante orientale), L’huile de Neem (écorce d’un arbre en Inde), La nicotine(provenant du tabac), l’arsenic, Le pyrèthre de Dalmatie, … Seul ce dernier est encore utilisé, les autres ayant été interdit en France en raison de leur forte toxicité pour la santé humaine.

Le soufre et les Les solutions de cuivre (bouillie bordelaise) restent à la base de la protection contre les maladies fongiques dans toute l’Europe et en Agriculture Biologique.

A partir du début du XXème siècle, la chimie de synthèse assure le complément (le désherbage par exemple) et le remplacement de solutions naturelles abandonnées pour leur toxicité ou leur faible efficacité. La législation et la recherche sont en mouvement perpétuel : moins de produits dangereux pour l’homme et son environnement, moins de produits persistants, des arboriculteurs et maraîchers français très surveillés dans le cadre d’une législation stricte, … Il ne faut pas se complaire dans un passé idéalisé mais regarder devant pour progresser et résoudre les difficultés actuelles et à venir (le trou découvert dans la couche d’ozone en 1985 a pratiquement disparu par le volontarisme de la société ! Et notre agriculture moderne très encadrée a réduit de plus de 95% les maladies liées aux intoxications alimentaires depuis 1918 sans créer de famine en Europe).

Dans nos cueillettes, le soufre et le cuivre (bouillie bordelaise) sont quantitativement les produits les plus appliqués avec des solutions de bactéries (Bacillus contre les chenilles), des extraites d’écorces d’agrumes (contre les thrips et l’oïdium), des extraits d’algues (pour stimuler les défenses), du bicarbonate de potassium (levure à gâteau, contre les maladies fongiques), … Comme en agriculture Biologique.